La vérité sur la qualité des soins

6 décembre 2006 - Mathias Matallah

La vérité n’est, bien entendu, pas bonne à dire. Les médecins français préfèrent depuis toujours le tennis et la pétanque à la formation continue et ils sont bons derniers dans ce domaine. Un médecin perd chaque année passée sans formation environ 5 % de ses connaissances. Nos praticiens exercent en moyenne depuis quinze ans, ce qui signifie que la grande majorité d’entre eux n’est plus en mesure de mettre en œuvre que le quart de son savoir initial. Quand on sait que ce savoir initial représente à peine 10 % des connaissances actuelles, il y a de quoi frémir. Nous sommes, sans le savoir, soignés le plus souvent par des « professionnels » qui en savent à peine plus que nous sur nos bobos.

Nos hôpitaux ne sont pas en meilleure posture. Ils ont certes doublé leurs effectifs en quinze ans alors que le nombre de nuits passées par des patients a diminué de 15 % sur la même période, mais ce n’est pas au bénéfice de la qualité des soins. La bureaucratie a explosé, le personnel, plus chanceux que celui de l’hôtellerie-restauration, est passé aux 35 heures, mais il y a toujours autant, sinon plus, de maladies nosocomiales et d’erreurs médicales. Sans parler des équipements, de plus en plus vétustes, la France étant désormais moins bien lotie que la Turquie pour ce qui concerne l’imagerie médicale par exemple.