Des Français un peu plus gros chaque année

24 novembre 2006 - Mathias Matallah

Paris, septembre 2006. L’enquête obEpi vient rappeler qu’à l’instar de nombreux pays, la France prend du ventre. Elle compte désormais au total près de 20 millions d’habitants en « surpoids », dont près de 6 millions d’obèses. En neuf ans, la population a grossi en moyenne de 2,1 kilos, grandi de 0,4 cm, et son ventre s’est arrondi de 3,4 cm en moyenne. Toutes les générations sont touchées, mais on devient obèse de plus en plus tôt, ce qui fait craindre des conséquences plus importantes et plus précoces pour les jeunes générations. Les premiers cas de diabète atypique de l’enfant sont d’ailleurs arrivés en France en 1999, et tout indique qu’ils vont se multiplier.

Le coût pour les régimes sociaux de cette valse des tours de taille est encore mal connu des deux côtés de l’Atlantique, mais il est vraisemblablement gigantesque. Les obèses sont généralement atteints de polypathologies dont les conséquences financières ne sont pas globalisées. Le lien entre obésité et diabète 2 est clairement établi. De manière plus générale, le professeur Arnaud Basdevant, qui a piloté l’enquête obEpi, rappelle qu’« un obèse a dix fois plus de risque d’être traité pour trois facteurs de risques vasculaires (diabète, hypertension, anomalies des graisses du sang…) qu’une personne de poids normal ». Il a donc également plus de risque de se retrouver en arrêt de travail ou de décéder précocement. Pour tous les experts, l’obésité, qui tue 300 000 personnes aux Etats-Unis chaque année, est d’ailleurs en passe de devenir le premier facteur de mortalité « évitable ».