Obésité : guérir ou prévenir ?
Pourra-t-on soigner l’obésité à moyen terme ? Il est bien entendu difficile de répondre à cette question mais un ensemble de facteurs incitent à la prudence. Tout porte à croire, comme nous l’avons vu plus haut, que le patrimoine génétique joue un rôle déterminant dans le développement de la maladie. Les chercheurs les plus optimistes sont convaincus que la mise au jour des anomalies génétiques prédisposant aux formes les plus communes d’obésité n’est qu’une question de temps. Ils le pensent cependant depuis suffisamment longtemps pour qu’on puisse mettre en doute leur optimisme. Si, comme tout semble l’indiquer, de nombreux gènes sont en cause, la mise au point de traitements réellement efficaces peut prendre des décennies. Le précédent du cancer, pour lequel la recherche marque le pas, montre que le génie humain a des limites et qu’elles sont difficiles à dépasser.
L’acharnement à vouloir tout régler par une fuite en avant dans un progrès sans limites finit de toute façon par poser problème. Il est établi que le meilleur remède contre l’obésité est un composé d’activité physique raisonnable et d’alimentation équilibrée. Ce n’est tout de même pas le bout du monde. Pourquoi s’obstiner à vouloir guérir à coups de milliards ce que l’on peut éviter sans efforts démesurés ? Il est clair qu’une approche curative s’impose pour ceux qui sont déjà touchés par le fléau et dont tout indique qu’ils ne pourront pas s’en sortir par la simple volonté. Il n’en reste pas moins que la priorité absolue est de faire en sorte que les millions de personnes menacées ne plongent pas et que la pandémie soit circonscrite. Oui donc à la recherche médicale, mais certainement pas au détriment d’une véritable prévention.



