ALD : logique économique contre logique médicale
La logique économique de prise en charge à 100 % par la Sécu, qui était celle des pères fondateurs, a été progressivement abandonnée. Elle conduisait à prendre en charge non pas un état pathologique mais une charge financière insupportable pour l’individu. Cette logique est très claire dans l’article L. 322-3-1° du Code de la Sécurité sociale et elle s’inscrit dans un mécanisme d’assurance catastrophe plus que de solidarité, sans pour autant être incompatible avec cette dernière notion.
La logique médicale, qui prévaut actuellement, conduit à étendre de manière continue le champ des ALD dans un contexte sociologique de vieillissement de la population et de recherche du risque zéro. Elle repose sur une vision quantitative du progrès médical, mesuré exclusivement en termes d’accroissement de l’espérance de vie. Le postulat est que la prise en charge collective permet d’augmenter la longévité et qu’elle est donc légitime a priori. Les affections de longue durée sont en effet principalement ces maladies chroniques dont la prévalence croît de manière exponentielle avec l’âge : diabète, cancers de tous types, maladies cardio-vasculaires, démences séniles et autres affections psychiatriques… Quelques maladies touchant les jeunes, tel le sida, y figurent, mais elles ne concernent qu’une infime partie des personnes prises en charge et de l’addition correspondante.

