ALD : une menace pour l’universalité de la Sécurité sociale

23 décembre 2006 - Mathias Matallah

Comment va-t-on faire pour renflouer le régime des ALD ? Le scénario le plus raisonnable serait de faire payer les personnes âgées. Pour un ensemble de raisons, liées au poids électoral des seniors, il a peu de chances de s’imposer. Celui qui est privilégié par les pouvoirs publics et déjà à l’œuvre depuis une dizaine d’années, est très différent. Il repose sur le postulat que le reste à charge des ménages en santé a encore un fort potentiel d’augmentation et que la Sécurité sociale doit à l’avenir se recentrer sur la prise en charge des risques les plus lourds et se désengager au fil de l’eau des dépenses courantes. Les conséquences d’une telle approche sont claires : comme nous le montrons dans notre dossier spécial, le maintien sous sa forme actuelle du régime des ALD conduirait à une disparition, à l’horizon 2020, de la prise en charge obligatoire de la médecine de ville pour les 85 % de Français qui n’en bénéficient pas.

Un tel étalage de cynisme laisse pantois. Car ce qui est proposé est ni plus ni moins que de recentrer une assurance maladie presque exclusivement financée par les actifs sur les ALD, c’est-à-dire sur des prestations qui concernent essentiellement les retraités, et sur la CMU. A charge pour les actifs de se débrouiller seuls et de souscrire des contrats d’assurance pour financer leurs dépenses de santé. En récompense, on leur promet bien sûr une prise en charge intégrale pour le jour lointain où ils seront vieux et grabataires.