Lever l’omerta sur le risque médical
Les malades sont aujourd’hui mieux indemnisés qu’il y a quinze ans, mais la pratique médicale reste fondamentalement opaque et imperméable à toute idée de responsabilité. Il convient donc de donner des armes supplémentaires au patient pour contraindre les médecins à sécuriser leur pratique. En l’état actuel des choses, la démarche la plus évidente consiste à apporter au consommateur de santé la possibilité de voter avec ses pieds : il faut au moins lui communiquer l’information sur la sinistralité des médecins et des établissements de santé pour lui laisser la liberté de ne pas les choisir.
On sait que l’une des manières des médecins d’habiller leur corporatisme est d’utiliser systématiquement l’argument déontologique et le Conseil de l’ordre pour tuer dans l’œuf toute tentative de mettre en œuvre des outils de comparaison et de concurrence entre praticiens. Cette ligne de défense commence pourtant à s’effriter avec l’élaboration par les CPAM d’un annuaire des médecins de secteur 2 permettant à l’assuré de connaître le montant des dépassements.
Nous proposons d’accentuer fortement ce mouvement en faveur de l’information des assurés consommateurs de soins. Il s’agit de briser l’omerta actuelle sur la dangerosité des médecins et des établissements de santé. Une telle évolution s’inscrirait dans un mouvement fort de remobilisation du consommateur, désireux d’avoir accès aux informations appropriées pour s’orienter dans le système de soins. Ce nouveau consumérisme critique serait porteur de grands espoirs : donner du pouvoir au consommateur de santé est un pas plus décisif vers l’amélioration du rapport qualité/prix de notre système de santé que la plupart des réformes qui se sont succédé ces dernières années.



