Sucres, graisses, tabac, même combat

5 janvier 2007 - Mathias Matallah

Se nourrir sainement coûte cher et la tendance observée est plutôt celle d’une diminution continue, depuis trente ans, de la part de l’alimentation dans le budget des ménages. Les industriels de la malbouffe n’ont fait qu’accompagner un phénomène de société : les Français, comme les Américains, veulent se nourrir pour pas cher et ils privilégient les produits très gras et très sucrés parce que ce sont ceux qui leur apportent le meilleur rapport calories/prix.

En France, le phénomène est aggravé par le fait que les conséquences de la malbouffe sont prises en charge à 100 % par la Sécurité sociale. On peut prendre du poids sans crainte d’avoir à en assumer les conséquences financières, c’est la collectivité qui paie. Les fumeurs prennent en charge leur risque en acquittant une taxe à chaque fois qu’ils aspirent une bouffée de cigarette. Les consommateurs de hamburgers, sodas et autres barres chocolatées n’ont pas cette contrainte et peuvent savourer sans surcoût leur vice favori. Ils bénéficient même, pour la plupart de ces produits, de taux de TVA réduits, ce qui est proprement ubuesque.