Taxer les sucres et graisses

12 janvier 2007 - Mathias Matallah

Il convient, nous l’avons écrit sur ce blog à de nombreuses reprises, de supprimer le régime des affections de longue durée et de réinstaurer un ticket modérateur pour toutes les dépenses de santé. Dans le cas d’espèce, celui de l’obésité, ce n’est pas suffisant et il faut également remettre à plat la fiscalité. L’application d’un taux de TVA normal à la junk food sous toutes ses formes est une mesure de bon sens. On ne peut pas tout à la fois diaboliser McDonald’s et lui accorder un avantage compétitif sur une restauration traditionnelle plus variée et moins calorique.

Il faudra aller plus loin et surtaxer certains produits particulièrement dangereux pour la santé, barres chocolatées, sodas et autres snacks, comme on le fait déjà pour le tabac. Il y a aujourd’hui dans le prix d’une cigarette 80 % de taxes. L’extension de ce régime fiscal aux sucres et graisses nocifs conduirait à en multiplier le prix par quatre. De quoi faire réfléchir les amateurs.

L’inventaire des produits à surtaxer devra se faire sur des bases scientifiques incontestables, prenant en compte la teneur en sucres, graisses et sel. Il ne peut en effet être question de limiter la démarche à quelques produits emblématiques, d’origine américaine. De très nombreux plats cuisinés typiquement français contiennent en excès tout ce qui favorise l’obésité et ne doivent pas être épargnés. L’objectif est de faire reculer un fléau qui menace l’existence même de nos sociétés et pas d’améliorer la compétitivité de notre industrie agroalimentaire.