Obésité : plus dangereuse que la cigarette

27 février 2009 - Frederic Burel

Selon une étude suédoise publiée dans le British medical journal, l’obésité en fin d’adolescence engendre le même risque de décès prématuré qu’une consommation régulière de cigarettes. Pire, ces risques s’additionnent lorsque les deux phénomènes se conjuguent.

L’équipe suédoise du département de médecine de l’Institut Karolinska (Suède) a analysé les causes de la mort de plus de 45 000 hommes qui avaient été soumis à des tests lors de leur service militaire, quand ils avaient 18 ans. Il leur avait alors été demandé s’ils fumaient et en quelle quantité. Parallèlement leur indice de masse corporelle (IMC) – autrement dit le rapport entre leur poids et le carré de leur taille – avait été calculé. Rappelons qu’un IMC d’une valeur comprise entre 18,5 et 24,9 correspond à un poids normal. La surcharge pondérale apparaît entre 25 et 30 et l’obésité au-delà de 30. Chacun des sujets a ensuite été suivi en moyenne pendant 38 ans.

Les analyses ont révélé que pour les personnes qui étaient en surpoids (IMC compris entre 25 et 30) lors des examens, le risque de décès prématuré était plus important d’un tiers que chez les sujets présentant un poids normal. Chez les personnes obèses (IMC>30), le risque de décès prématuré double. Les chercheurs font remarquer que ces risques sont comparables à ceux associés au tabagisme.

Conclusion de l’étude : en fin d’adolescence, il est aussi risqué d’être en surpoids que de fumer de une à dix cigarettes par jour. En ce qui concerne l’obésité, elle est tout aussi dangereuse que de fumer plus de 10 cigarettes par jour. A noter : un poids très inférieur à la normal (IMC<17) est également préjudiciable à la santé avec un risque de décès accru pratiquement de la même façon que pour les personnes en surpoids, même s’il s’explique différemment.

Selon les auteurs, l’accroissement du nombre de décès chez les obèses s’explique par les désordres métaboliques causés par l’excès de poids : résistance à l’insuline, hypertension, dyslipidémie et également une augmentation de certains cancers. Les personnes en sous poids auraient elles une fragilité immunitaire qui les rend plus sensibles aux infections.

Voir aussi l’article : Sucres, graisses, tabac, même combat