Observatoire de l’assurance santé – 2009

 

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Les dépenses de santé des français s’élevaient à 164 milliards d’euros en 2007, ce qui les place au 3ème rang mondial. Depuis 15 ans, ces dépenses augmentent au rythme de 4,4% par an, soit un demi-point de plus que l’inflation. En raison notamment du vieillissement : la population étant plus vieille, elle consomme plus… L’arrivée à l’âge de la retraite de la génération issue du baby-boom, au mode de consommation très dispendieux, ne peut qu’amplifier cette dérive. Dans le même temps, les modes de consommation évoluent. Les dépenses de soins de ville grignotent progressivement la consommation hospitalière. Les dépassements d’honoraires, longtemps considérés comme exceptionnels, deviennent progressivement la norme.

Les dépenses de santé devraient augmenter d’au moins 70 % d’ici 2020. C’est la part la plus âgée de la population qui sera à l’origine de cette croissance. L’inflation des dépenses est en effet deux fois plus élevée à 70 ans qu’à 40 ans et les écarts entre les générations devraient donc encore s’amplifier dans les années à venir.

 

 

 

 

 

 

Sur fond de crise économique et financière, l’assurance maladie affichera un déficit proche de 8 milliards d’euros en 2009 selon les dernières estimations, vraisemblablement sous-estimées, du gouvernement. La stagnation prévisible de la masse salariale freinera l’évolution de ses recettes composées des cotisations sociales et de la CSG.

Sur fond de crise économique et financière, l’assurance maladie affichera un déficit proche de 8 milliards d’euros en 2009

Nos prévisions montrent que notre Sécu n’est clairement pas gréée pour faire face à un scénario à la japonaise, c’est-à-dire à la stagnation prolongée dans laquelle l’explosion de la bulle d’endettement des économies occidentales risque de nous plonger. Sans recettes fiscales supplémentaires, le maintien de la prise en charge publique au niveau actuel conduirait, dans le meilleur des cas, à un déficit annuel de l’ordre de 45 milliards d’euros en 2020. Dans ce scénario, l’assurance maladie se retrouverait en cessation de paiement dans le courant de la prochaine décennie.

Rappelons que 64% de ses dépenses sont concentrées sur 14% de la population, les personnes en Affection Longue Durée. Rétablir l’équilibre d’ici 2020 sans remettre en cause la prise en charge à son niveau actuel des ALD est mission impossible : il faudrait supprimer pour 85 % de la population toute prise en charge obligatoire de la médecine de ville et réduire d’un tiers sa couverture hospitalière. Une telle approche dégénérerait inévitablement en grave conflit intergénérationnel et en crise politique majeure.

Quelles solutions restent-ils pour éviter la faillite ? Augmenter la pression fiscale en pleine stagnation économique ne parait pas réaliste. Le levier des dépenses sera donc vraisemblablement privilégié et la prise en charge des ALD devra être drastiquement revue.

Sur ces bases, la participation du régime obligatoire au financement des dépenses de santé pourrait passer de 78 % actuellement à 60 %en 2020. La prise en charge publique des ALD serait ramenée de 90 % actuellement à moins de 80 %. Le reste de la population, hors CMU, devra vraisemblablement se contenter d’une prise en charge par l’assurance maladie inférieure à 50 %, contre 65 % actuellement. C’est donc, bien plus qu’une réforme, un véritable changement de société qui se profile à l’horizon.

 

 

 

 

 
Le reste à charge supporté par les ménages et leurs assureurs santé devrait tripler en valeur sur la même période. Les écarts de consommation entre les générations devraient se creuser notablement. Dans le scénario le plus optimiste, le reste à charge quadruplera pour les plus de 60 ans alors qu’il devrait simplement doubler pour les actifs. Dans tous les cas, la solidarité intergénérationnelle devra être radicalement repensée pour faire face.

Mise à jour : 18 février 2009